L’extraordinaire mésaventure de Zéphyrin, le petit vent

Ghis écrit, Graines de rêves

L’extraordinaire mésaventure de Zéphyrin, le petit vent

Sunny le petit soleil replie ses rayons et disparait doucement à l’horizon. Il laisse la nuit envelopper la terre d’un manteau de velours. Peu à peu, les bruits s’estompent. Douillettement blottis au fond de leurs nids, les oiseaux somnolent déjà. La terre s’endort. Mademoiselle la lune montre timidement un croissant de son anatomie.

Mais dans la forêt, les animaux sauvages s’éveillent. Ils redeviennent les maitres de leur territoire. Messieurs les grands boisés se dégourdissent les pattes et osent même sortir à découvert. Messieurs les gros « pigs » martèlent le sol à la recherche de nourriture. Messieurs les lapins sortent de leurs terriers pour prendre l’air et jouer jusqu’au bout de la nuit. Monsieur le grand Rusé et sa famille restent aux aguets, prêts à bondir sur leur proie.

Tous se croisent ou s’évitent et se cachent, dans un silence presque total. Ils savent agir dans la nuit et se rendre invisibles et silencieux. C’est le coût leur survie. Parfois un bruissement de feuillage révèle une présence ou peut-être même une lutte …Puis le silence se rétablit.

Zéphyrin tourne en rond. Le sommeil ne vient pas. Il décide une sortie en forêt pour changer d’air. Alors qu’il s’amuse à virevolter entre cimes et buissons, il se fige net. Ce qu’il voit dépasse son imagination. Des étoiles qui dansent au ras du sol !…

-Waouh ne peut-il s’empêcher de crier, Que c’est beau !

Ebloui, il redescend en flèche pour être au plus près de ce spectacle irréel.

Aimanté par la magie des étoiles, il se rapproche tant qu’il se retrouve happé au centre d’une ronde d’or.

Des paillettes étoilées s’accrochent aussitôt à ses volutes comme si elles voulaient l’absorber. Zéphyrin à beau pirouetter et tourbillonner sur place, les éclats d’or suivent et alourdissent chacune de ses respirations.

Affolé, il cherche à sortir du cercle mais il ne peut le rompre. Il est de plus en plus inquiet et se sent pris au piège. Il tourbillonne désespérément sur lui-même. Mais il n’y a pas d’issue. Des rires cristallins fusent… De nulle part. Il n’y a personne…. Zéphyrin désespère.

 Peu à peu, la ronde s’élargit et les étoiles prennent forme…… Sous ses yeux exorbités, une créature extraordinaire apparait, puis une deuxième… et une troisième. Leur parure est faite d’étoiles.

 -Mais qui êtes-vous ?? réussit-il a balbutier

-Je suis la fée Viviane, chante la première en s’avançant,

-Moi, c’est la fée Margot dit la deuxième en dansant,

 -Et moi, je suis la fée Morgane dit la dernière en exécutant une révérence.

-Cette forêt est notre royaume, explique la fée Viviane et nous adorons nous retrouver ici toutes les trois, dans notre château.

-Notre jeu favori, explique la fée Margot, c’est de jouer à cache-cache car nous avons le pouvoir de nous rendre invisibles et de nous transformer à volonté ! ce qui est très drôle.

-et notre château recèle de tant de cachettes rajoute la fée Morgane que l’on n’a jamais fini de l’explorer

-Votre château ? articule Zéphyrin, étourdi. Il ne trouve plus ses mots…mais il remarque pour la première fois, un magnifique château qui se dresse derrière lui.

-Où suis-je ? Je ne reconnais rien…. Je ne nous vous ai jamais vus et je n’ai jamais vu de château…Pourriez-vous m’indiquer le chemin ?

Elles éclatent toutes de rire.

-Pas la peine ! C’est normal que tu ne reconnaisses rien ! nous n’apparaissons que la nuit, comme notre château… et encore, pas toutes les nuits.

 -Cette nuit est spéciale… Nous voulions Te faire plaisir…

Une cascade de rires envahit la nuit.

Zéphyrin ne sait pas s’il doit craindre pour sa vie ou rire avec les créatures. Quand je raconterai cela à Sunny, le petit soleil, se dit-il, il ne me croira pas… D’ailleurs est-ce que je peux me croire ? Tout est si invraisemblable. Normalement, les fées, ça n’existe pas….

-Tu as du mal à trouver le sommeil n’est-ce pas ? ,dit la fée Margot -Alors, nous avons décidé de t’aider;

-Mais je ne peux pas garder ce manteau d’étoiles sur moi, se lamente Zéphyrin, je crois que je ne pourrais plus ni voler ni souffler …

Leurs rires lui percent les oreilles. Il n’a pas de réponse.

Les trois fées se rapprochent.

Il a peur. Il veut remonter, là-haut, chez lui, dans les cimes. D’un geste large, elles l’enveloppent d’un filtre magique.

 -Bonne nuit Zéphyrin, chuchotent-elles en chœur.

Zéphyrin n’entend déjà plus rien…Il dort profondément.

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