Confinés, enchaînés, prisonniers… Mais volontaires.
Notre royaumme maintenant, c’est la pénombre. On guette. On attend. On attend que le soleil veuille bien se coucher… et ensuite, on attend que la nuit s’installe pour enfin respirer.
Pour passer le temps d’une journée qui n’en finit pas de brûler, on la rêve à défaut de la vivre. On rêve de légèreté, d’insouciance, de verdure, d’eau gazouillante, de liberté, de ressourcement.
Puis on ouvre un œil, puis l’autre… Il fait toujours beaucoup trop chaud. Alors on reprend l’attente, coincé sous un ventilateur, et on se fait peur : Où est passée notre vie d’avant ? Et notre été ? Il n’en reste que de la fumée. Et si, dorénavant, nos étés étaient condamnés ? Qu’allons-nous devenir ?
Les rues sont désertées et silencieuses, à part parfois le craquement de feuilles mortes sous un pas.
Et pour passer le temps, on rêve et on se souvient.
