Sunny, Zéphyrin, Stratus, Cumulus et les oiseaux se retrouvent pour une journée de jeux

le ciel est sens dessus dessous

Graines de rêves

le ciel est sens dessus dessous

Zéphyrin, le petit vent est heureux. Il a très bien dormi et l’idée d’aller jouer avec Sunny, le petit soleil, l’enchante. Sunny, de son côté étire ses rayons au maximum pour les assouplir. Il veut être en forme pour s’amuser avec son meilleur ami.

Zéphyrin, tourbillonnant d’air frais, le rejoint enfin. Il commence par s’enrouler joyeusement dans ses rayons.

bébé Stratus souhaite jouer avec nous, annonce Sunny guilleret, il nous attend. 

Les deux compères scrutent attentivement le firmament avant de se propulser vers le petit point blanc à l’autre bout du ciel. Bébé Stratus se trémousse de joie en les voyant se rapprocher.
-Zéphyrin ! Sunny ! … je suis trop content ! Ses petites boucles cotonneuses frissonnent de plaisir.
-Mes copains aimeraient se joindre à nous, leur dit-il d’une petite voix tremblotante
-Pourquoi pas répond Zéphyrin, plus on est nombreux, mieux on s’amuse.
Soulagé, bébé Stratus se détourne et agite ses bouclettes. Aussitôt une ribambelle de bébés Stratus et Cumulus surgit à ses côtés. Ils s’étaient cachés et attendaient sagement le signal pour se montrer.

-Holà les bébés ! crie Zéphyrin impressionné par la brochette de petits nuages. Il y en avait tant qu’il ne pouvait même pas les compter ! Jouons donc ! leur propose-t-il 
Intimidés mais enthousiastes, ils sautillent gauchement.
– Accrochez vous bien à votre voisin ; ça va souffler, les prévient Zéphyrin
Excités et obéissants, les bébés Stratus et Cumulus se positionnent aussitôt sur le dos, montrant fièrement leur petit ventre bien rebondi. Attentifs aux recommandations de Zéphyrin, ils s’accrochent fermement les uns aux autres par leurs bouclettes.
Zéphyrin, attendri, souffle alors doucement sur la petite colonie de nuages. Les bébés tiennent bon. Ils se laissent bercer et de galipettes en galipettes, se tournent et se retournent à l’unisson, au gré de son souffle. Leurs petites boucles se dressent et résistent. Ils se tiennent si fermement qu’ils forment une jolie frise d’écume blanche. Ils ne se sont jamais autant amusés. Et quelle sensation agréable que ce souffle qui les caresse et les ballotte dans tous les sens et ces rayons qui les réchauffe tout en les éblouissant. L’atmosphère vibre sous la densité de leurs cris de joie.
-Et nous, pouvons nous jouer aussi ?
La voix grave de Monsieur le Merle surprend tout le monde et instantanément tout se fige.
-Avec ce raffut on ne s’entend même plus piailler continue-t-il gaiement.
Il est accompagné d’une guirlande de confrères aux becs colorés :  Mesdemoiselles les Mésanges, Messieurs les Pinsons, Monsieur le Corbeau, fidèle au poste, Messieurs les Rouges-gorges et Mesdemoiselles les Tourterelles.
-Bien sûr crient Zéphyrin et Sunny surpris mais très heureux de les accueillir, venez !!
Comme par magie, la bienheureuse agitation cacophonique reprend. Zéphyrin gonfle ses joues et projette son gros souffle sur les oiseaux. Un spectacle inattendu s’offre aux yeux de tous :
Monsieur le Merle et Monsieur le Corbeau font du sur-place ; impossible d’avancer en dépit de leurs efforts.  Ils ont l’air si comique à vouloir s’entêter ! Les demoiselles Mésanges et Tourterelles, volent à rebrousse plumes. L’une d’entre elle se lance dans une série de sauts arrières. Du jamais vu ! … Elles sont mortes de rire. Messieurs les Rouge-gorge et Pinsons, ne sont guère mieux lotis ; ils ballottent de droite et de gauche comme s’ils étaient ivres ! Une des demoiselle Tourterelle, complètement désorienté, est agitée de hoquets incontrôlables.

 Zéphyrin jubile, il s’amuse comme un petit fou car il adore souffler le désordre ! Le temps de reprendre haleine et la fête reprend de plus belle.
Mademoiselle la Mésange ne contrôlant plus du tout sa trajectoire, entre en collision avec Monsieur le Rouge-gorge. Elle est confuse ! Cela ne lui arrive jamais.
-Oups ! a-t-elle juste le temps de gazouiller en rougissant avant se de voir propulser en arrière, plumes en éventail !Monsieur le Rouge-gorge n’a rien vu venir tant il est occupé à voler droit … ce qui est loin d’être évident.
Le fou rire s’empare de tous sans exception. Un joyeux tapage envahit l’espace.
Le ciel, pris d’une douce folie, est sens dessus dessous.  Le long ruban soyeux des bébés Stratus et Cumulus se mêle joyeusement aux chorégraphies acrobatiques des volatiles qui pépient et sifflent à tout va.
-Hello les amis, crie soudain Sunny, je tombe de fatigue. Tant d’émotions et de plaisirs me font oublier qu’il est déjà tard ; je dois être raisonnable et aller me coucher sinon je ne pourrai pas me lever demain. Bonne nuit à tous …et il disparait à l’horizon dans un magnifique halo de lueurs rouges.
-Nous aussi ! il y a longtemps que nous devrions être au nid réalise Monsieur le Merle, encore déboussolé par son aventure ; allez ouste, demi-tour petite troupe, on rentre dormir. Quelle folle journée de rêve rajoute-t-il d’une voix rauque.
D’une élégante pirouette, le groupe d’oiseaux resserre les rangs et s’envole vers son refuge nocturne commentant à voix enrouée les exploits extraordinaires de la journée.
Les bébés Stratus et Cumulus sont rentrés épuisés mais heureux de raconter leur folle journée à leurs parents. Ils ont joué avec Sunny et Zéphyrin …et même les oiseaux ! Incroyable mais vrai !
Le ciel, maintenant déserté et a retrouvé son uniformité calme.
Zéphyrin, dernier à quitter la place, tourbillonne une dernière fois dans l’espace avant de filer se reposer. Cette nuit, il dormira, c’est sûr !

 

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